24 heures sans mon téléphone portable … comment survivre ?

Hier soir, je suis rentré tard. Et ce matin, étourdi que je suis mais aussi passablement fatigué, j’ai oublié mon téléphone portable… J’ai bien cru que je ne survivrais pas sans lui. Et puis, finalement, de retour au bureau, j’ai retrouvé mes marques et mes repères grâce … à mon téléphone fixe.

Je suis en charge de la communication d’un groupe de conseil en stratégie digitale qui emploie 70 personnes. Les journées, vous vous en doutez, commencent tôt et se finissent souvent tard. Hier soir, après un dîner avec des partenaires, je suis rentré après minuit, épuisé par une journée bien chargée.

6h45 : Je pars de chez moi. Je profite de l’horaire matinal pour passer avant les bouchons. Mon premier rendez-vous de la matinée est à 8h00 en plein centre-ville. J’ai rendez-vous avec une personne que je connais depuis de nombreuses années, j’y vais les yeux fermés.

7h50 : Arrivé sur les lieux de mon rendez-vous, je m’aperçois que j’ai oublié mon téléphone portable chez moi. Je l’avais mis à recharger dans l’entrée, et je suis parti sans lui. Impossible de revenir à la maison, j’y passerais toute la matinée… Je vais donc devoir passer toute la journée sans lui ! En 15 ans de carrière, cela ne m’est jamais arrivé.

Je ne prends pas immédiatement toute la mesure de la situation. Mais en réalité, je suis catastrophé. Mon téléphone portable est mon deuxième cerveau, ma troisième main, mon quatrième œil… Je ne peux rien faire sans lui… Heureusement, j’ai mes deux premiers rendez-vous de la journée bien en tête, il faudra juste que je trouve un moyen pour vérifier où se trouve mon troisième rendez-vous (c’est un déjeuner).

10h00 : La société dans laquelle je travaille dispose d’un service de messagerie unifiée qui me permet de recevoir tous mes messages vocaux par mail. Je m’installe dans un café. En me connectant à mon PC via ma clé 4G, je peux heureusement prendre connaissance de mes messages. Ce n’est pas franchement pratique mais bon, entre deux rendez-vous, je peux vérifier les informations importantes relatives à mon activité. Je parviens aussi à envoyer un mail à ma collaboratrice pour qu’elle route les appels arrivant sur mon mobile vers ma ligne fixe. Cela lui permettra de gérer les éventuelles urgences. Le service de communications unifiées que j’utilise est génial. Ce type de service représente pour moi l’avenir. J’ai lu récemment que les dépenses par les entreprises en solutions de communications unifiées et de collaboration (UC&C) vont augmenter de 6,5% par an pour atteindre les 2 milliards d’euros en 2020.

12h30 : J’ai pu récupérer mes principaux messages vocaux et y répondre par mail. Et je sais où je vais déjeuner ce midi. Pas forcément pratique de s’installer dans sa voiture pour se connecter à sa messagerie sur ordinateur…

13h00 : L’heure du déjeuner arrive. Je rencontre pour la première fois un important partenaire. Je suis un peu angoissé car, s’il faut fixer une date pour se revoir ou vérifier une information quelconque, je suis sans filet : pas d’agenda papier à disposition, pas de messagerie ou de moteur de recherche à consulter en cas de doute…

Comme à mon habitude, je joue la transparence. Hé oui, incroyable mais vrai, j’ai oublié mon téléphone portable à la maison ce matin… Mon interlocuteur, amusé, me confie qu’il serait lui aussi complètement perdu sans son téléphone portable. « Je serais retourné chez moi pour aller le chercher, quitte à annuler mon premier rendez-vous de la journée. Impossible de fonctionner sans… », me confie-t-il !

15h00 : Mon déjeuner s’est finalement très bien passé et mon téléphone portable oublié nous a fait un bon sujet de conversation. Nous avons bien ri. J’arrive au bureau et là, je me retrouve face à mon destin : mon téléphone fixe trône fièrement devant moi. Il semble me narguer, avec ses led qui clignotent : « Tu n’avais jamais fait attention à moi jusqu’à présent, nous voici désormais confrontés l’un à l’autre, il va falloir t’y faire le temps d’une journée… ».

Je détourne le regard, gêné… Comment peut-on encore avoir recours à ce genre d’équipement vieillot, d’un autre temps, antithèse de la mobilité ? Si je pars en réunion deux étages plus bas, il va falloir que je tire un câble par la fenêtre pour rester joignable ? Tous ces fils… Quelle horreur… On dirait un bateau fantôme amarré à jamais à son ponton. Par association d’idées, je me mets à penser au « Black Pearl » du film « Pirate des Caraïbes » et je me dis : « C’est moche, il a mal fini, avec ce fil à la patte, lui qui arpentait crânement toutes les mers du globe… ».

Quand je pense qu’il reste encore 13 millions de lignes fixes RTC en France, que France Telecom / Orange veut d’ailleurs supprimer d’ici 2021, et que certains instituts d’études se posent de sérieuses questions sur la place du téléphone fixe dans leurs enquêtes marketing… je me fais du souci pour cet équipement.

15h40 : Soudainement, mon téléphone fixe se met à sonner. Je sursaute et sors de ma torpeur passagère. Aurait-il deviné mes pensées ? Hésitant, je décroche… Johnny Depp, alias Jack Sparrow, vexé, va-t-il m’injurier ? Je reviens à la réalité. A l’autre bout du fil, ma collaboratrice me rappelle que nous avons une « conf call » dans 5 minutes. Comme je ne sais absolument pas me servir de la bête curieuse posée devant moi, c’est elle qui viendra paramétrer la conférence téléphonique.

15h45 : La « conf call » se déroule excellemment bien. Au final, c’est même une expérience plutôt positive. Paramétrage simplissime, en deux ou trois touches, une qualité sonore de très bonne facture… Je n’ai pas eu à me soucier de savoir si j’aurais du réseau ou à jongler avec le clavier de mon smartphone. Je commence à réviser mon jugement sur cet équipement qui est, au final, présent sur presque tous les bureaux des collaborateurs de mon entreprise…

16h00 : Voyant que je commence à découvrir et apprécier les fonctionnalités de base de mon téléphone fixe, ma collaboratrice en profite pour installer, sur mon ordinateur portable, le logiciel de téléphonie que notre fournisseur de messagerie unifiée met à notre disposition.

Elle me montre rapidement que je peux faire du clic-to-call, c’est-à-dire lancer un appel en cliquant sur un numéro de téléphone depuis mon ordinateur. Elle me montre aussi que je peux automatiser le lancement des appels sortants depuis mon ordinateur (fonction CTI / couplage téléphonie informatique) et y intégrer des scénarios d’appels. Mon cerveau bouillonne, j’entrevois de nouvelles perspectives pour mon équipe et même celle des commerciaux… Et si nous transformions nos bureaux en call center…

Voyant mon intérêt grandir, ma collaboratrice en profite, c’est le moment rêvé pour parfaire mon éducation sur le champ des possibles en matière de téléphonie fixe sous IP. Elle me montre que je peux choisir le numéro présenté lors d’un appel sortant, que je peux configurer des rappels automatiques, intercepter un appel reçu sur un autre téléphone…

Bref, ce bon « vieux » téléphone fixe que je croyais dépassé regorge en réalité de ressources trop souvent méconnues et inexplorées. En quelques mots, il est la tête pensante, l’unité centrale de mon système de communications unifiées. Privé de mon téléphone portable le temps d’une journée, je suis bien content d’exploiter à plein toutes ses fonctionnalités et de me reposer, en complément des e-mails bien sûr, sur lui. Je m’en veux presque d’avoir oublié à quel point il était utile et fiable.

Fabrice Deblock

Fabrice Deblock est directeur communication et formation chez Keley Consulting, groupe de conseil en stratégie digitale. Il a précédemment été directeur de conférences et de formations chez CCM Benchmark (Groupe Figaro).

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2017-11-21T11:09:52+00:00 juin 12th, 2017|Mots-clés : |
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